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Le stress au travail

Entretien avec  Journaliste  du Magazine  Management :


Pour son article sur la pression au travail, paru dans le magazine Management du mois de Novembre, Caroline Montaigne s’est intéressée à 5 situations critiques:

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Le stress au travail Version imprimable Suggérer par mail

Entretien avec  Journaliste  du Magazine  Management :


Pour son article sur la pression au travail, paru dans le magazine Management du mois de Novembre, Caroline Montaigne s’est intéressée à 5 situations critiques:

les émotions envahissantes, le manque de  confiance en soi, le manque d’aisance et d’assurance en public, la méfiance envers les autres et la difficulté à garder son calme dans l’urgence.
Voici les réponses que nous lui avons apportées

Caroline Montaigne : En présence d’une mauvaise nouvelle, ou d’une remarque, ne pas laisser transparaître ce que l’on ressent peut perturber autrui ou donner l’impression que l’on ne prend pas la mesure de la situation, que l’on manque d’implication et de réactions.
Options Avenir : Il peut s’agir d’un mécanisme de défense permettant de préserver son énergie pour mieux l’investir dans la recherche de solutions. C’est courant chez les introvertis qui ont une activité intérieure intense parfois insoupçonnée. Ce qui peut être modifié ici est la communication à autrui pour expliquer immédiatement «  j’ai besoin d’y réfléchir quelques instants, de prendre du recul, ou "j’ai besoin de me poser quelques minutes pour mieux absorber la nouvelle et ses répercussions ». C’est rassurant pour les autres. Je me souviens d’un des mes collègues, introverti et imaginatif, nous expliquant « j’ai besoin de laisser retomber la poussière d’étoiles »
CM : En revanche, se laisser décontenancer peut freiner en termes d’efficacité, car il faudra d’abord se maîtriser avant de passer à l’action et aux solutions.
OA : En effet, les personnes se laissant décontenancer apprennent à se  poser physiquement : S’asseoir près des autres, observer, prendre des notes, écouter attentivement, rester bien dans la situation.. .Cela envoie un signal apaisant et évite de dire ou faire des choses inadaptées.
CM : Savoir réagir en situation de pression : une urgence à gérer, un délai qui s’est raccourci pour un projet… Certains paniquent et sont incapables d’agir, d’autres restent calmes et savent gérer la situation. Cela renvoie également à la flexibilité et à la capacité de rebond de chacun.
OA : On parle beaucoup de savoir prioriser dans l’entreprise. Effectivement c'est essentiel en situation de crise, et pourtant si difficile à faire dans la panique.
Avant de raisonner, il faut régler le problème de la panique : Nous sommes un peu archaïques dans nos réactions de stress. Nous avons conservé des mécanismes physiologiques qui nous permettaient de nous défendre face à l’adversaire : La production de catécholamines (adrénaline) accélère notre rythme cardiaque et respiratoire, pour nous permettre de nous battre ou de fuir. Ces mécanismes sont toujours là  mais l’option « fight or flight » n’en est pas une quand on doit boucler un projet! On peut utiliser  des techniques qui vont contrer justement les changements physiologiques qui surviennent malgré nous.
La respiration profonde immédiate est très efficace : 5 fois en inspirant sur 1 temps et en expirant sur 2 temps. Puis 5 fois en inspirant sur 1 temps et en expirant sur 3 temps.
Ensuite on peut raisonner !!
Comment prioriser ? Imaginez une course que vous souhaitez remporter . Vous irez plus vite si vous êtes plus léger, en vous déchargeant de ce qui n’est pas absolument nécessaire. Demandez vous « qu’est ce que j’accepte de laisser partir pour rester dans la course ? » Prioriser c’est accepter de jeter une partie du fardeau pour pouvoir toucher la ligne d’arrivée. Cela libère énormément d’accepter que les choses ne soient pas parfaites.
Et cette énergie s’investit là où elle est plus utile : Rassurer les autres, expliquer les changements, démontrer que tout est bien qui finit bien. Les meilleurs leaders ne sont pas perfectionnistes !!

CM :  Avoir confiance en soi ou être dans l’autocritique permanente. Même si l’autocritique est anxiogène, dans certains métiers, elle est nécessaire. 
OA : ll y a des prédispositions bien ancrées ! On appelle cela la théorie de l’attribution :
Certains évitent l'autocritique et attribuent les choses à des facteurs extérieurs : la crise, la politique de l’entreprise, le manque d’organisation des clients etc.. Cela semble un peu réducteur.
Cette approche n’étant pas vécue comme problématique par la personne, c’est souvent aux collaborateurs qu’il appartient d’intervenir : Commencez par dire ce qui va bien pour susciter l’écoute attentive : On appelle cela le renforcement positif . Puis, évoquez le problème tel que vous le ressentez «  je vous sens moyennement impliquée » .., et aidez la personne à explorer les solutions « Comment pensez vous faire? » « Qu’est ce que vous comptez mettre en œuvre ? » Des questions ouvertes qui la pousseront à s’engager.
D’autres au contraire s’attribuent automatiquement les problèmes, et dans les cas extrêmes s’épuisent à essayer de les résoudre. C’est plutôt contreproductif. Certaines cultures d’entreprises accroissent cette tendance  très culpabilisante. Vive le juste milieu ! On peut dessiner la « carte » de la situation : A droite : Qu’est ce que je peux influencer ? Qu’est ce qui est de mon ressort ?  A gauche : Qu’est ce que je ne peux pas  modifier ? Qu’est ce que je dois accepter ?

CM : Assurance en société. Ne pas être sûr de soi face à autrui ou lorsqu’on doit prendre la parole est anxiogène et inhibant.
OA : En effet, ces personnes décrivent souvent leur impression d’être envahies par leurs doutes sur elles mêmes, assourdies par une voix intérieure qui leur rappelle de mauvais souvenirs de situations où elles ont eu l’impression de perdre la face. Cette gêne est perceptible par les autres, voire contagieuse. Comment baisser le volume de cette radio intérieure ? En changeant de canal tout simplement, pour activer un souvenir positif, aussi minime soit-il, et s’y raccrocher.
Se rapprocher des autres aussi, physiquement, en allant vers eux, en adoptant une posture et des mouvements synchronisés , en leur donnant de l’attention  et de l’écoute active ; Ainsi leurs  problématiques, leurs questions vont se substituer aux doutes personnels..
Pour ce qui est de la prise de parole en public, certains conférenciers utilisent une personne tierce imaginaire pour parler de leur sujet. Vous vous souvenez de  Joe le plombier pendant les présidentielles américaines ? Utile pour capter l’attention de l’audience, la dévier vers un sujet extérieur qui finit par devenir source de complicité avec son public.
CM : Etre méfiant ou confiant vis-à-vis des autres. A contrario par rapport au sujet précédent, avoir confiance dans les autres est plus productif. En effet, être dans une attitude de méfiance permanente génère du stress, pousse également à mal interpréter certains discours ou certains comportements. Cela parasite l’efficacité.
C’est un problème central dans les relations professionnelles. Les personnes insécures vivent plus de conflits que les autres, il y a là une vraie souffrance personnelle et cela peut entrainer impatience et agacement dans les équipes proches. Parfois il faut faire une véritable opération de déminage :
Quand elles sont accompagnées, les personnes « méfiantes », manquant de confiance parviennent à désamorcer les comportements non adaptés et à ancrer des comportements positifs, pour que ce cercle vicieux devienne vertueux et qu’elles se créent un « stock », une mémoire  suffisante de situations positives pour reprendre confiance en elles mêmes, et donc envers les autres.
Cela est facilité quand l’entourage coopère, et évite de faire des « procès d’intention » basés sur les expériences antérieures plus difficiles.

Dans toutes ces situations, le point de départ est la connaissance de soi, de ses comportements habituels, et la prise de conscience de ce qui peut être modifié pour trouver un meilleur équilibre, plus d’énergie et d’efficacité, et être compris des autres. On cible des comportements plus adaptés aux situations, on les teste et ils finissent par s’ancrer durablement parce qu’ils nous apportent confiance et autonomie.

 
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